Tiens, le Nouvel Obs fait un lien vers mon blog

L’article du Nouvel Obs concerne le crash de Charm el Cheikh. Le voici.
Le lien est en haut à droite : « Le témoignage d'un touriste présent à Charm El Cheikh lors du crash ».

31.05.2004 | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBacks

Aéroports de Paris : sont-ils à la hauteur ?

Je ne reviens pas sur la catastrophe du 23 mai : un bâtiment, neuf, s’écoule avec un bilan de plusieurs morts et blessés. En revanche, je peux évoquer une expérience personnelle, celle de mon retour sur Roissy de Charm el Cheikh en janvier. J’expliquais récemment dans cette note que j’étais à Charm el Cheikh le jour du crash et que, si je n’avais pas demandé à mon agence de voyage de me trouver un avion avec des horaires décents, ma famille et moi aurions fait partie des victimes (82 personnes avec qui j’ai réveillonné sont décédés dans le crash).
Avant de prendre l’avion qui allait nous ramener sur Paris, ceci quelques heures après le crash, mes proches m’avaient dit par téléphone que la société Aéroports de Paris (ADP) avait mis en place une cellule particulière pour que les arrivants de Charm el Cheikh bénéficient d’un traitement spécifique, pour que tout aille vite et bien.
Nous voulions tous être chez nous le plus rapidement possible, je voulais que mes enfants ne soient plus dans un environnement où le seul sujet de conversation était le crash.

En fait, il s’est passé le contraire.

Nous avons attendu les bagages trois heures, un record unique, car ADP n’avait pas prévu le personnel pour l’arrivée des avions de Charm el Cheikh. Pathétique. Nous nous sommes retrouvés à plus de 500 personnes (deux avions) dans un hall à attendre alors que tout devait aller au mieux. Vers une heure du matin, après une heure et demie d’attente, j’ai préféré mettre ma famille (dont trois enfants en bas ages) dans un taxi. Je suis rentré chez moi vers deux heures trente (dans un second taxi et avec cinq valises…).
Autour de moi, des personnes étaient au plus bas, elles avaient perdu des amis ou des rencontres dans le crash et étaient comme prises en otage dans un aéroport, le pire endroit. Une grande partie des passagers habitaient la province et devaient prendre un train pour enfin rentrer chez eux. C’était raté, ils étaient bons pour dormir sur un banc dans l’aéroport (dans le cas où on ne les aurait pas expulsés à l’aide de bergers allemands…). Pendant ce temps, trois fonctionnaires des ADP étaient là, avec leur badge et leur visage qui sentait la niaiserie. La seule chose qu’il avait à dire est qu’il n’avait pas de personnel pour décharger les avions et qu’ils faisaient le nécessaire, en restant comme ça, au garde-à-vous. La prise d'otages aura durée trois heures, presque autant que le vol lui-même.

Ne me demandez pas si je pense que les ADP sont une société bien gérée, ne me demandez pas si je conseille d’acheter des actions ADP (qui ouvre son capital bientôt). Mon jugement est biaisé.

25.05.2004 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBacks

Crash de Charm el Cheikh, trois mois après, nouvelles émotions

J’ai eu un post dernièrement sur ma note du 7 janvier dans laquelle je parlais du crash de Charm el Cheikh.

Le post provenait de Philippe, une personne qui a perdu une partie de sa famille lors de la catastrophe. Philippe voulait savoir si j’avais eu des contacts avec sa famille, ce qui est possible car nous étions dans le même hôtel.

J’ai fait un mail à Philippe pour que l’on se parle et il m’a proposé de me faire parvenir des photos des disparus.

J’ai reçu aujourd’hui les photos. Les ouvrir n’a pas été un bon moment, c’était dur.
On y voit un papa, une maman, un petit garçon...

Bouleversant.

Je n’ai pas reconnu les personnes. Peut-être que les amis avec qui j’étais les reconnaîtront et pourront évoquer à Philippe leurs derniers moments. Je leur ai fait suivre les photos.

Philippe me demande de donner les coordonnées de l’association des familles des victimes de la catastrophe, les voici :

Association de défense des familles des victimes de la catastrophe de Charm el Cheikh
Association de la loi de 1901.
n° d'enregistrement 16 111 739
7 allée du ruissseau
92160 Antony
Président : M. Marc Chernet , [email protected] (a vous de compléter le nom de domaine, because les robots "aspirateurs" d'adresses mail pour spammer).

Si l’un de vous a des informations, des photos de groupes etc., contactez l’association.
Pour une interview de Marc Chernet, cliquez sur le titre.

30.03.2004 | Lien permanent | Commentaires (1)

Crash de Charm el Cheikh - suite

J'étais à Charm el-Cheikh samedi 3 janvier, le jour du crash.

On vient de me communiquer un article du Parisien qui dit que 82 des 148 victimes étaient du Crowne-Plaza, l'hôtel ou mes amis et moi sommes descendus.

Ma famille et moi étions avec plusieurs amis (6 adultes et 6 enfants) et vu la taille de notre groupe, nous n’avons pas vraiment cherché à sympathiser avec d'autres personnes, qui seraient statistiquement décédés aujourd'hui. Insuportable.

Les seules personnes avec qui nous avons créé des contacts, un couple et 3 enfants, ont pris le même avion que nous. Je viens de les avoir au téléphone, ils sont bouleversés comme moi, comme mes compagnons de voyages.


07.01.2004 | Lien permanent | Commentaires (1)

J'étais à Charm el-Cheikh ce samedi 3 janvier

Charm el-Cheikh, Samedi vers 5H du matin : ma fille de 2 ans se réveille en pleurant. Ce n’est pas son habitude, elle a dû être réveillée par un cauchemar ou par quelquechose d’autre…
9H, heure locale, mon mobile sonne. Ma maman est en larmes au bout du fil. Elle m’explique qu’elle me croyait mort. Elle m’explique pourquoi.

J’allume CNN : l’horreur.
Je vais sur la terrasse de ma chambre d’hotel qui a vu sur la baie : l’horreur. L’avion s’est crashé juste devant notre hôtel (Crowne Plaza). J’ai une vue sur un ballet de bateaux militaires, des hélicoptères, des avions militaires volant en rase-motte.
Je comprends maintenant pourquoi ma fille a hurlé ce matin avant l’aube.
Mon mobile, et celui de ma femme n’arrêtent plus de sonner.

Ma femme Virginie, mes enfants Jules Victor et Lilou,, mes amis Christopher, Evelyne, Thierry et Nathalie, leurs enfants et moi sommes bookés sur un avion qui doit partir quelques heures plus tard. On avait insisté auprès de notre agence de voyage pour avoir un vol direct et des horaires décents…

J’ai adoré Charm el Cheikh, mais je crois que je n’y retournerai jamais et je pense à cet enfant de 8-9 ans qui me disait de dire à mon fils Jules qu’il ne pouvait pas jouer au tennis le samedi matin avec lui car son vol partait vers 4:30 du matin.

05.01.2004 | Lien permanent | Commentaires (9)