Levée de fonds : faut-il favoriser un peu plus de cash-out aux fondateurs pour pousser à vendre plus cher plus tard ?

02/02/2011 dans Capital Risque, Levée de fonds | Commentaires (8)

J’explique mon interrogation : quand on entend que Facebook a refusé des offres à plusieurs milliards il y a trois ans, je me disais - et je n’étais pas le seul - que les fondateurs étaient des fous. On parlait de 10 milliards à l’époque et les fondateurs dont Marc Zuckerberg ont dit non merci. Les dingues !

Idem il y a quelques semaines avec l’affaire Groupon, Andrew Mason le fondateur a dit niet à Google on ne veut pas de vos 4 milliards, il est vraiment dingue !

En Europe, meme si on pense que la société va pouvoir encore tripler de taille, on n’hésite pas à vendre car on si dit que c’est mieux que de prendre de risque de tout perdre. Et c’est là le problème, tout perdre. L’entrepreneur peut vraiment tout perdre.

Alors, la situation serait que les entrepreneurs américains n’ont pas peur de tout perdre et nous les européens avons la trouille ?

La réponse est non. En fait les entrepreneurs américains ont souvent déjà vendu du capital avant la grosse sortie, ils sont déjà à l’aise grâce à du cash-out, ils ne peuvent plus tout perdre. Ils ne sont pas « riches » mais ils sont alors beaucoup plus à l’aise pour prendre le risque de refuser une vente qu’ils jugent prématurée, ils sont beaucoup plus disposés à tenter « la grosse histoire ».

Alors, on essaye de lancer la mode du cash-out en France si cela peut aider à faire de belles grosses histoires ?

PS : Je parle de cash-out pour des sociétés qui ont atteint un certain stade, pas en seed bien sur…

 

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Commentaires

Un petit exemple additionnel : les fondateurs de Foursquare ont empoché $4.6M lors de leur dernière levée :
http://www.businessinsider.com/foursquare-series-b-sec-filing-2010-7

Super exemple Laurent, et ils ont refusé une vente à $100m pour aller plus loin...

Ca me parait tellement evident que j etais persuade que ca existait deja en France...non?

Yo Ouriel.
Non, c'est plutôt très rare. Il y a toujours l'idéologie "l'argent que pour investir dans le développement" meme pour des société qui ont déjà une belle valeur marchande. Les deals connus en avec du earn-out en FR sont des deals de VCs US (VP, Fotolia, Showroom...).

Le cash out est un outil essentiel de motivation des entrepreneurs, malheureusement pas très utilisé en France...

Trop souvent les VCs (notamment français) pensent qu'il faut qu'un entrepreneur ait faim, soit au bord du gouffre pour le faire avancer. Ils veulent que l'entrepreneur ait beaucoup a perdre en cas d'échec, ils pensent, croient-ils, que cela leur garantira que l'entrepreneur travaille bien pour eux au lieu de jouer les dilettantes, de se constituer un patrimoine avec un salaire (sic !)...

Je pense qu'aucun entrepreneur sérieux aurait été plus efficace parce que acculé. La frontière entre avoir faim et la panique est parfois tenue. Il vaut bien mieux qu'un entrepreneur puisse ne jamais penser a ses problèmes financiers perso et se concentre en revanche sur la création de valeur.

Il y a meme maintenant des VCs early stage ici aux US qui font du cash out en early stage. Quel entrepreneur ne se sentirait plus a l'aise en ayant 100k devant lui ? Quel entrepreneur ne pourrait pas prendre plus de risque, avoir une vision plus long terme, être plus créatif et plus efficace s'il savait qu'il peut payer son loyer a la fin du mois, qu'il peut s'offrir une petite semaine de vacances pour décompresser de temps en temps, ou acheter une voiture ?

Mathieu, top contribution, comme toujours.
NDLR : Mathieu Nouzareth est maintenant basé à NY. Il est un entrepreneur fantastique et une personne fantastique, je suis très fier de l'avoir eu comme client.

Pascal,
Good post. The main objective of the cash-out should be to re-align the exit horizon of the new investors with that of the existing investors and founders. A new investor may have, for example, a 5 years horizon-to-exit for an investment. If the existing founders have been at it for 5 years, it may be hard for them to wait another 5 to cash out and would be tempted to take an exit offer at a lower price than the new investor (who may prefer wait until hitting big). By cashing out a bit, the founders can be a bit more comfortable and wait as long as the new investors need to. For an early stage company where the existing founders and investors have not vested much, I am not sure cashing out is a good idea.

Parler d'argent est vulgaire à un certain niveau de la pyramide de Maslow ou quand on a une certaine idée de soi-même ;-)
De la même manière que les nobles laissaient les vulgaire histoires d'argent aux bourgeois, les entrepreneurs peuvent laisser les histoires d'argent aux banquiers ou à ceux qui en sont obsédés.
Blague à part, pour certains entrepreneurs, notamment sur le net, rien n'existe à part leur travail/drogue/plaisir quotidien dans leur truc.
Que ferait Zuckerberg avec des milliards et PAS tous les moucherons qui lui tournent autour maintenant ?
Aux USA, dans les boîtes internet, il y a + de passionnés dans LE truc que dans les pays comme le notre où il y a bcp + de jouisseurs.
Il n'y a qu'à regarder le début des sociétés. En France, certains cherchent de l'argent (et passent + de temps sur le powerpoint de leur levée de fond qu'à lever leurs fonds de culottes pour chercher des clients ou à améliorer leur code) AVANT de s'occuper de l'objet même de leur société : la "revente" est un but, comme le pognon.
Quand l'argent n'est qu'un moyen, on ne le place pas en priorité.
Lisez le livre "Googled": l'aventure de Google est très différente de l'aventure "standard" d'une start-up française en ce qui concerne la mentalité.
Regardez ce qui se publie en France sur les start-ups: principalement des histoires de sous AVANT même qu'on parle de ce qu'elles proposent.
Regardez où finissent ceux qui ont "échoué" dans leur start-ups: fonds d'investissement ;-)) mais pas SSII en majorité.
Maintenant, il vaut peut-être mieux finir avec 5 millions d'euros entouré de filles à St-Tropez ou en train de faire le beau dans un parti politique en se faisant passer pour un businessman avisé que de finir dans la matrice ou dans la grille avec 50 milliards avec des boutons, des ulcères et une copine informe en sweat-jean-tongs :-)

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