Levée de fonds : pourquoi les VCs ne peuvent pas investir des petits montants ?

05/10/2005 dans Capital Risque, Levée de fonds | Commentaires (13)

Voilà une question qui tombe souvent de la part d’entrepreneurs. Attention, quand on dit petits montants, on parle de centaines de milliers d’euros, quand même. Alors pourquoi un VC ne sait pas investir quelques centaines de milliers d’euros dans une société innovante ? Pourquoi il cherche à investir directement 1 ou plusieurs millions d'euros ? Réponse : car il ne peut mécaniquement pas faire autrement. J’explique :

- Un VC gère en moyenne des fonds de €100M pour une équipe de trois ou quatre associés.
- La durée de vie de la période d’investissement du fonds va être de 4 à 5 ans.
- Un associé d’un fonds étudie sérieusement chaque année 5 dossiers et va faire entre 1 et 2 investissements dans une année.

Total : le fonds va pouvoir faire environ 20 investissements sur la période d’investissement.
Vous avez compris. €100M à investir sur 20 sociétés, soit €5M par société (en plusieurs tours de table). Impossible d’investir quelques centaines de milliers d’euros sur un deal ou le contrat avec les souscripteurs du fonds ne pourra être respecté.

Entrepreneurs : lorsque vous approchez un fonds de capital-risque, étudiez leurs deals passés (où plutot appelez un leveur de fonds) où vous risquez de perdre votre temps si le montant recherché ne correspond pas à la taille du fonds. Heu… C’est clair ?

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Commentaires

Tu as raison Pascal, bien entendu, pour le "cas général".

L'exception à cette règle est l'amorçage, et pas seulement parce qu'on y pratique des tickets plus petits. En amorçage les due dils coûtent bcp moins cher, parce qu'il y a peu de choses à regarder (peu ou pas de comptes, de salariés, de contrats...) on peut donc légitimement investir de petits tickets et le faire plus vite.

J'ai ainsi fait jusqu'à 10 deals en une année (bien sûr à la période de la bulle) dont un en... 15 jours. Pas le plus mauvais d'ailleurs.

avec lequel on peut investir

Oui, en général.

Mais un entrepreneur qui vient te voir aujourd'hui pour lever 300KE€ est certain de perdre son temps. Et c'est normal. Tu as passé un contrat avec tes souscripteurs : investir plusieurs M€ par ligne.

Par, contre, avec un grand beau projet techno (meme décalé avec Regis !) un peu avancé et qui va devoir consommer pas mal de cash pour ecrire son histoire, tu es la bonne personne.

Et si je suis l'entrepreneur qui a besoin de 300 K€, je fais quoi à part t'appeller Pascal ?
Qui investit aujourd'hui ces montants ? les parents et les amis (love money)?

Jacques > les fonds régionaux (un peu) et les angels (un peu car pas beaucoup d'angels). Le love money est souvent la solution. Voir aussi l'Anvar.

Pascal, merci: ton explication est très claire.

En gros quand on est entrepreneur, on a deux solutions pour sortir de l'impasse des 300K€:

1) soit réviser son projet à la baisse (par exemple étalement du développement dans le temps pour en autofinancer une partie), puis monter un prêt bancaire de développement avec une ou deux banques, et le faire "sofariser" pour limiter ou mieux éviter aux dirigeants d'avoir à se porter caution perso.

2) soit réviser son projet à la hausse (par exemple un déploiement plus rapide à l'international) pour répondre aux contraintes des VCs.

Les fonds régionaux et business angels sont très (trop) aléatoires en pratique, et tous les projets ne sont pas "anvarisables" (même si de mauvaises langues disent que ce n'est pas si difficile que ça...).

François > pour reprendre l'expression de Regis, c'est un peu ça "pour le cas general".
Attention à un déploiement rapide à l'international, ça peut etre très très coûteux mais il faut presque toujours le faire pour vraiment créer de la valeur (comme Kelkoo ou Skype mais aussi Musiwave ou Meetic etc.).

Vos commentaires ratent un aspect important... le filtre. Il n'y pas de meilleur filtre que la necessite de lever les premiers 300 ou 500K. Si vous arrivez a convaincre des gens qui ne sont pas (a) membre de votre equipe ou (b) payes pour investir, cela constitue une demonstration importante pour un tiers de votre capacite a convaincre. Alors ou trouvez les premiers 300K ? Aupres de vos clients (a l'ancienne), aupres d'angels (si ils n'existent pas en France, sautez dans l'Eurostar), aupres de banquiers a titre prive (ils ont beaucoup de liquidites chaque fin d'annee). Mais franchement ce n'est pas facile pour une raison: ca ne s'ameliore pas souvent apres, les problemes evoluent. Personellement, ayant vu une bonne dose de startup prendre un mur, je ne recommande pas trop d'abuser du love money, a moins que le contrat (moral, s'entend) soit tres clair !

Fred > Pour parler aux Golden boys de la city, il faut les connaitre... Sauter dans l'Eurostar n'est pas si facile. Si tu connais des reseaux etablis, let me know.
Tu as raison pour le love money...

Bonjour,

Je tombe sur votre blog en cherchant à receuillir de l'information sur le capital risque. Très interessant. Car je (enfin nous; 3 personnes) amorçons nos démarches de recherche de fonds dans la cadre d'un projet techno dans le search engine marketing. Nous venons d'activer toutes nos relations sur le net et dieu sait que nous en avons mais souhaitons frapper à +sieurs portes en mm tps. Nous venons de refuser une offre car les conditions ne nous allaient pas. Nous sommes tous 3 experts 1) moi en web marketing (100% search) et 2) mes futurs associés en developpement de "haute voltige"... Capable de nous aider ?

merci

Bonjour,
Je travaille sur la transmission d'entreprises, domaine dans lequel le financement de la reprise comporte la même problématique (voire pire) que la création ou le développement d'une société.
Pour les PME, j'ai constaté que, à défaut de trouver des investisseurs, il y a peut-être d'autres voies à explorer.
Je vous suggère le n° de juin 2005 de L'Entreprise qui répertorie tous les financements possibles et singulièrement les financements publics. Les financements OSEO-BDPME sont à étudier aussi. Pour cela, il faut "tanner le cuir" de son banquier puisque les financements OSEO passent par le relais d'une banque.

Sinon, votre explication sur le désintérêt des fonds pour les PME est très intéressante. Merci.

Armorik > les fonds investissent, beaucoup, dans les PME ! Enormement meme !

Oui mais comment contacte - t on les leveurs de fonds ou les VC ?

Sylvain > tu contactes Aelios Finance, pas de pb.

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