Pour une levée de fonds, faut-il être un entrepreneur avec un beau diplôme ? La réponse est non, on s’en fiche !

03/09/2005 dans Capital Risque, Entreprendre, Levée de fonds | Commentaires (15)

Je me demande pourquoi je n’ai pas parlé de ce sujet avant. Peut-être parce qu’il est totalement évident dans notre industrie, le capital-risque. Faut-il être diplômé d’une grande école pour pouvoir prétendre lever des fonds pour son entreprise ? Non ! On s’en fout ! J’ajoute : royalement !
Aucune école ne vous apprend vraiment à devenir entrepreneur, au contraire même, l’école (à la française) nous apprend plutôt à être rationnel, cartésien, prudent. Et quand on est cartésien, on ne va pas faire concurrence à France Telecom (comme Skype) ou à Alcatel et Thomson (comme Inventel ou Lea) ou à la Française des Jeux (Newscreens) ou à Yahoo (comme Kelkoo), à France Telecom encore une fois (comme Free), à la Fnac et Darty (comme Rueducommerce ou Pixamia etc…) ou à EDF (Poweo et Direct Energy). Au contraire, quand on est rationnel et cartésien, on choisit préférablement d’être salarié d’un grand groupe bien installé et leader (j’imagine que les statistiques des grandes écoles françaises le montrent bien, à 95%...).
Pour devenir entrepreneur, il faut alors être plutôt irrationnel (au sens positif) et le contraire de cartésien et là, le diplôme ne rentre plus en compte. La fibre d’entrepreneur vient de nulle part et partout. Les fondateurs de sociétés financées pas le capital-risque n’ont pas tous le Bac. Certains ont un BTS et d’autres ont raté leur Deug. Beaucoup viennent d’écoles de commerce ou d’ingénieurs de seconds rangs, et certains, une minorité comme dans la vraie vie, sont diplômés de grandes écoles. En résumé, le diplôme (ou le non-diplôme) n’est pas un critère, vraiment pas. Etonnés ?

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Commentaires

C'est une évidence! Je m'étonne même que ce soit encore un sujet... Craindrais tu que des dossiers t'échappent car des entrepreneurs s'auto censurent de crainte d'être insuffisamment dotés en Bac+n?

... Nous échappent Régis (Régis est un VC, associé du fonds Galileo Partners). Trop souvent, lors de premières rencontres, des entrepreneurs passent du temps à m'expliquer pourquoi les études n'étaient pas leur truc comme si cela pouvait etre un pb. Je pense alors que certains d'entre eux se disent que le capital risque n'est pas pour eux alors que, comme tu le dis aussi, c'est un non critère. Il faut faire passer le message.

Hello Pascal,

Dis-moi, tu es sûr de l'orthographe de "Newsceens" comme concurrent de la FDJ ? Tu peux préciser ?

Bon sinon on peut prendre betandwin, ça marche aussi...

;o)

Dans le même ordre d'idées, est-ce obligatoire de sortir d'une grande école pour travailler dans le VC? Ne faut-il pas recruter des gens qui ne sortent pas du même moule à la française afin d'apporter un peu de diversité et de nouvelles idées au monde du VC?

Je connais beaucoup de VC qui ne sortent pas des grandes écoles. Pour le recrutement de juniors, c'est un critère (parmi d'autres). Pour les associés, le parcours professionnel efface tout le reste. Chez Galileo, sur 5 associés 4 sont issus de l'opérationnel (NTIC).

Hervé : c'est Newscreens (avec un "r"), je corrige la note.

Marc : pas mal de VCs viennent de la banque-finance, ils sont alors plutot diplomés. D'autres (pas assez peut-etre) sont d'anciens entrepreneurs et alors la regle ne ma note s'applique.

Etonné, non mais c'est très bien de le préciser.

il faudrait auparavant définir le terme "entrepreneur". Un énarque est souvent entrepreneur ... de sa propre carrière.
SI on entend par "entrepreneur", gars (ou gare ;-)) qui crée dans des nouveaux domaines, alors il est évident que les écoles, qui par définition enseignent ce qui existe, ne peuvent pas en former et que c'est forcément ceux qui n'adhèrent pas au système qui vont s'intéresser à ces "nouvelles" choses.
Sont aussi souvent "entrepreneurs" dans ce sens, ceux qui ont été dans un système tel que le voulait la tradition qui se perd en France, un système qui "apprend à apprendre" et non un système qui apprend un métier.
Il est aussi comique de voir que souvent les fameux "entrepreneurs" veulent que leurs enfants soient DANS le système.
bref, je trouve que la distinction entre "entrepreneurs" et "non entrepreneurs" est une connerie .. il vaudrait mieux à mon avis distinguer, si il y a lieu de distinguer, ceux qui ont du gout pour imaginer ou créer et ceux qui ont du gout pour gérer ou vérifier.
On ne poserait pas alors la question grandes écoles ou pas , vc grandes écoles ou pas car il est évident que les vc doivent avoir l'envie de vérifier ;-))

hummm... tellement vrai sur le fonds (je n'interroge jamais les entrepreneurs sur leur parcours académique...), mais un peu moins dans la pratique : je n'ai pas rencontré beaucoup d'autodidactes durant les 7 dernières années de mon métier de VC...

et je ne connais pas tous les dirigeants des sociétés que tu as mis en exergue, mais beaucoup sortent du moule bien français de nos grandes écoles !

Merci Pierre !
Frederic > tu as raison, mais regarde ceci : http://management.journaldunet.com/imprimer/0501/050167entrepreneur.shtml

On peut aussi remarquer que, dans certaines écoles, il y a des filières qui apprennent à leurs diplomés qu'on n'est pas obligé de faire du conseil, de la banque, ou du marketing dans un grand groupe international (filières entrepreneurs ou création d'entreprise). Que pas mal de créateurs de start-ups sont quand même sortis de belles boites (priceminister me vient comme ça, par exemple). Mais c'est juste pour faire du mauvais esprit...

Hervé : oui, betandwin est certainement un concurrent plus direct de la FDJ que newscreens. Celà s'explique très simplement par le fait que newscreens est une initiative française, qui mise sur l'interactivité TV, tandis que betandwin (ou mrbookmaker, ou sportingbet, ou une des 500 start-ups dans le bookmaking) sont installées dans des pays étrangers, et totalement illégales en France. Lancées parfois par des français, d'ailleurs.

Je suis d'accord sur le principe de ta note, à savoir que l'école n'est pas un critère sur le fond. Mais tu oublie tout de même de préciser que Pierre et Charles ont fait Centrale par exemple...
Avoir fait des études longues ou pas n'est effectivement pas un critère pour déterminer une éventuelle fibre entrepreneuriale.

c'est marrant parce qu'en "general" les americains attachent moins d'importance que les francais sur le diplome mais pour les start-ups dans la Valley, un diplome de Stanford ca ouvre les portes...

Steve Jobs : " J’ai abandonné mes études au bout de six mois". Pas de diplome. Idem pour Ellison etc...

Sans grands diplomes (HEC etc..), pas de réseaux, et pas de réseaux, pas de contacts, pas d'investisseurs
==> grosse galère pour les entrepreneurs !!

Et oui, les autodidactes, c'est bon à la télé chez Capital sur M6, au bout d'un moment on voit que les invités sont les fils de"x", connaissent "x" etc..

Eh oui...

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