Levée de fonds : l’amorçage reste un problème en France

27/09/2005 dans Business Angels, Capital Risque, Entreprendre, Levée de fonds | Commentaires (16)

Quand je parle d’amorçage, je ne parle pas de sociétés qui n’ont pour actif qu’un business plan, je parle aussi de sociétés qui ont un vrai beau produit et qui commencent à vendre, mais dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas quelques dizaines ou petites centaines de milliers d’euros. Ces sociétés ne sont pas gâtées en France…

Les business angels sont inexistants, ou presque.
Un business angel possède en général une fortune supérieure à 10M€ et, en France, dès qu’une fortune dépasse les 10M€, il est conseillé d’aller se réfugier en Suisse, en Belgique, en Grande-Bretagne ou ailleurs. La France est le seul pays où l’on peut payer plus d’impôts que de revenus… Débile. Au lieu d’avoir trente mille business angels, nous en avons deux mille… Ça m’énerve !
À ce sujet : il paraîtrait qu’une partie de la famille Mitterrand serait en Belgique…

Les FCPI, dont la mission étaient à l’origine de financer les très jeunes pousses, ne le font pas (ou très rarement). Je ne leur jette pas la pierre, au contraire, je les comprends. Du fait de leurs contraintes (dont la durée de vie d’un fonds FCPI), ils ne peuvent pas sereinement investir dans une société dont le but est de faire une sortie longue (plus de 5 ans). Je pense alors que l’on peut dire que 90% des sociétés financées par des FCPI font plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires lors de leur tour de table. On est très très loin de l’amorçage…

Les FCPR, souvent des fonds historiques, font quelquefois de l’amorçage mais pas assez car ils ne sont pas assez nombreux. Il faut faire encore plus.

Je suis leveur de fonds et je veux continuer à faire de l’amorçage. Lorsque je sélectionne un dossier d’amorçage, je sais que je vais travailler comme un fou pendant presque un an et ne presque rien gagner au final car c’est dur, c’est long, pour une toute petite commission de succès qui ne couvre pas les frais. En fait, je deviens alors là une sorte de business angel...
Je continu cependant à faire de l’amorçage car j’y crois (mon dernier dossier était Newscreens), aussi, je suis fier de dire qu’Aelios Finance est probablement le seul leveur de fonds en France qui aime l’amorçage et qui l’aimera toujours.

Voilà, je voulais le dire même si cela ne fait pas avancer le schmilblick.

Aux business angels : J’espère que l’on va vous permettre de revenir en France un jour !
Aux FCPI : j’espère que l’on vous donnera les libertés de faire de l’amorçage !
Aux FCPR : vous n’avez aucune concurrence sur l’amorçage, profitez-en !

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Commentaires

Je partage tout à fait cette opinion, entrepreneur, à notre premier exercice, le chiffre d’affaires est de quelques centaines de milliers d’euros. Mais avec un produit innovant et un grand potentiel de développement je m'intéresse aux levées de fonds. Cependant j'ai l'impression de ne pas bien me reconnaître dans ce paysage : Ordres de grandeur proposés, relation humaine et constructive, approche long terme, ...

Pour mon type d’entreprise, la levée de fond pour l'amorçage me semble assez inadaptée et me fait souvent privilégier des stratégies d'autofinancement.

Nicolas,

courageux!

Serez vous de la soirée EBG (www.ebg.net) du 7 octobre prochain dont la vocation est justement de "réunir un réseau d'entrepreneurs, de créateurs et de financiers" ? Il s'agit de déclencher un mouvement "révolutionnaire, entrepreneurial, et festif". Sympathique, non ?

Pascal,

Nous sommes bien d'accord sur le fond de ton message, ayant été des deux cotés du miroir: business angel en amorçage il y a quelques années, puis à la recherche fonds actuellement pour soutenir le développement de sociétés dans lesquelles j'avais assuré initialement l'amorçage...

Je suis actuellement avec une société s'e-commerce leader en France dans son secteur, qui peine aujourd'hui pour trouver simplement un institutionnel (voire un investisseur privé) afin de lever 300K€...

Et pourtant elle existe depuis plus de 5 ans, équilibre ses comptes depuis plus de 2 ans, connait une forte croissance de son CA: a million euros cette année, 3 l'année prochaine si nous levons les fonds...

Il vaut mieux, comme l'a écrit très justement Geoffroy Roux de Bézieux dans L'Entreprise de septembre 2005, défiscaliser les oeuvres d'art ou les forêts de l'ISF, que les business angels qui acceptent malgré tout de rester en France et qui réinvestissent leur patrimoine de façon productive dans des entreprises en création ou développement pour créer des emplois...

Bonne continuation! :-)

François 1 > envoie moi l'invit !
François 2 > 300K c'est trop petit pour un institutionnel (je ferai une note pour expliquer pourquoi). Il te faut des angels...

Je profite de ce commentaire pour dire que le capital risque est très actif en France, bien plus qu'en Allemagne par exemple. Si on faisait -en plus - de l'amorçage, on pourrait etre un fantastique pays de l'innovation.

Le problème justement, c'est que les business angels (BA) en question sont tellement bien cachés qu'on a du mal à les trouver...

J'ai par exemple déposé un dossier dans le Club de BA d'une CCI dynamique de province... Pour apprendre au bout de trois mois que chacun des membre ne mettrait qu'entre 5 et 10K€ dans un projet.

A vot' bon coeur messieurs dames! :-)

Pascal,
qu'est qui empêche un français qui habite la Belgique d'investir dans une entreprise en France ?

Très bonne question Michel. Un business angel investit dans une société suite à plusieurs rencontres avec celle-ci. Pour un entrepreneur français, aller 10 fois Bruxelles ou Geneve n'est pas possible (trop cher, trop de temps). De plus, le systeme fonctionne par reseau. On connait le business angel du coin, par relations. Il est difficile de savoir qui sont les angels à l'étranger.

Cher Pascal

Je ne peux pas te laisser dire cela. Je suis tout à fait d'accord avec toi sur les problèmes d'amorçage, mais il est absolument inexact de dire qu'Aelios est la seule entité qui y croit et qui essaie d'en faire. Chez MGT (www.mgt.fr) nous en faisons aussi, même si je suis d'accord avec toi qu'on y gagne pas vraiment sa vie.

Amicalement

Philippe > Merci pour ton commentaire. (Philippe est un confrère que je ne connais pas, mais je connais son Patron qui est quelqu'un de super).
Je disais que nous étions PROBABLEMENT le seul a tj faire de l'amorçage. Tu dis que tu en fais aussi, je dis bravo à l'équipe de MGT.

PS : Dis à Jean-Marc que mon tennis elbow est une histoire ancienne s'il veut une revanche ;-)

Je lui transmettrai

Amicalement

Bonjour Pascal,


Je connais la musique. J'ai été un visionnaire lorsqu'en 1998 j'ai commencé une activité de dépannage informatique à domicile en indépendant.
En 2003 j'ai crée la sarl et j'ai trouvé un investisseur à 100 000 € en passant une annonce dans un journal gratuit (véridique !). Il faut dire que je cherchais depuis 2001 à lever des fonds sans succès. Aujourd'hui je me rends compte qu'il me faut un minimum d'1 million d'euros. Le manque d'investisseurs a amené certains de mes concurrents à faire du tapage médiatique et à se développer en franchise sans une réelle stratégie marketing.

Je pense néanmoins que je vais finalement trouver des fonds car je suis confiant dans notre modèle économique.


je lis avec intérêt vos différents posts.
vous trouverez sur le site www.franceangels.org la liste des associations de business angels assez nombreuses en France (googlez pour les autres pays).
je fais partie de Paris Business Angels, n'hésitez pas à m'envoyer un résumé exécutif de votre projet si vous êtes en recherche active
cordialement,
Raphaël Boukris

Bonjour Pascal,

Je découvre très tardivement votre billet...

Suis totalement en accord avec vos propos. J'avais d'ailleurs postée il a quelques mois un commentaire à ce sujet sur le blog de Jacques Froissant : http://altaide.typepad.com/jacques_froissant_altade/2006/04/capital_it_en_c.html#comments

Au plaisir
JT

Salut Pascal,

Si tu veux participer au BarCampBank (http://barcamp.org/BarCampBank) tu es le bienvenu. C'est une réunion de passionnés qui veulent révolutionner le monde de la finance et de la banque. Le P2P investment est au coeur des débats et de nombreux professionnels de la finance participent pour faire éclore de nouvelles solutions sans attendre que notre gouvernement modifie la loi fiscale. Je pense que des professionnels de la levée de fonds au côté des banquiers, des passionnés et même de quelques VCs ne peut qu'aider à tenter de trouver ensemble une réponse pour l'amorçage en France.

Au plaisir de te voir bientôt au BarCampBank.

PinkoBanker, un BarCampBanker qui s'essaye au Pinko Marketing.

Il exisite un dossier vidéo réalisé par Capital Risqueur TV sur les Business Angels sur : http://www.capital-risqueur.tv/investissement.php

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