Des fonds de capital-risque sont en train de changer de stratégie d’investissement, pour se concentrer sur l’Internet

11/02/2005 dans Capital Risque, Levée de fonds | Commentaires (6)

Encore un signe : alors qu’il y a un an seulement la majorité des fonds voulaient surtout des dossiers software (ou des dossiers ultra-technos) et ne voulaient pas vraiment entendre parler d’Internet, certains commencent à m’appeler pour me parler de leur nouvelle stratégie : Internet…

Pourquoi ce changement ? Une réponse est dans la difficulté de créer une belle société software européenne ou mondiale à partir de la France (pas assez d’élus malgré de très beaux succès, dont certain à venir, j’ai des sources ;-). Autre réponse : quand on a dit non il y a un ou deux ans à des sociétés comme Meetic, PriceMinister, Kelkoo, Meilleurtaux ou Boonty, on commence à le regretter…
Attention : je parle de quelques fonds car une partie significative des VCs français ont toujours cru au secteur et pas mal ont décidé d’investir à nouveau dans le secteur depuis quelques mois.

Personnellement j’ai fait l’erreur de ne plus sélectionner de dossier Internet en 2001 et 2002, je l’avoue. Mais quand j’ai décidé de revenir sur le secteur en 2003, il y a une éternité donc, pas mal de gens pensaient que j’allais dans le mur. Mais depuis, que du bonheur, d’abord celui d’avoir anticipé la tendance, et de beaux deals, comme Boonty.

Pourquoi cette note ? Aussi car même des fonds historiques, dont des américains basés en France ou en Angleterre me font passer le message : « Internet » alors que leur expression favorite était avant surtout « enterprise software ».

Attention : je regarde toujours de près les dossiers softs, je suis sur le point d’en sélectionné un d’ailleurs (et un de mes associés aussi). Attention bis : les dossiers Internet que l’on aime ne sont pas, par exemple, des dossiers « me too », des copies de succès existants en Europe, mais des dossiers ambitieux, on la société s’attaque à un secteur vierge ou atomisé.
Il y a plein de choses à faire, je m’attends à de belles années 2005-2010 pour l’Internet français.

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Commentaires

Bonne analyse. Quand on a investi dans Rue du Commerce, Se Loger, Meilleur Taux, ou encore Au Féminin, on pense beaucoup de bien d'Internet et on n'a jamais arrêté d'y croire... Mais c'est comme tout, seules une bonne analyse et de solides due dils permettent de faire le tri (le tri, pas le TRI, quoique...) et tout n'est pas la panacée dans Internet.

Histoire de rire un peu, voyez un peu la note suivante (OK, c'est en anglais et non, je ne me suis pas embêté à traduire... source : Bob Cringley à http://www.pbs.org/cringely/pulpit/pulpit20050210.html) :

The economy is improving somewhat, both people and businesses are looking for new things to buy, and more of the same just won't do. We need whole new categories of products and services and they are on the way. Big IP-centric businesses like music, video, movies, and publishing sense that they are imperiled and are looking for new ways to stretch their old strengths. But most importantly, the VCs are sitting on a boatload of uninvested cash that they simply must spend. Get ready for a return to 1998 because soon you will be able to get funding for almost any hare-brained scheme. And while this process of throwing money at the wall is grossly inefficient, it inevitably leads to rapid change.

You may recall that I asked a year ago for venture capitalists, who weren't at that time funding much of anything, to start spending money if only to jump-start the economy. They didn't, of course. So why would they now start to fund every deal in sight? That's simply because their alternative is to give back the money and then some, which they will never do.

In 1999-2000 -- at the very peak of the dot-com boom -- venture capital firms were not only taking companies public at a furious pace, they were just as furiously raising new venture funds -- funds that will shortly be coming to the end of their lives. Throughout the fixed lifespan of these funds venture capitalists are typically paid 1-2 percent of the total fund per year as a management fee. If a VC raises $100 million for a fund with a six-year life, they'll take $2 million every year as a management fee, whether the money is actually invested or not. Any money that remains uninvested at the end of the fund must be returned to the investors ALONG WITH THE ASSOCIATED MANAGEMENT FEE.

Right now, there is in the U.S. venture capital community about $25 billion that remains uninvested from funds that will end their lifespans in the next 12-18 months. If the VCs return those funds to investors they'll also have to return $3 billion in already-spent management fees. Alternately, they can invest the money -- even if they invest it in bad deals -- and NOT have to cough-up that $3 billion. So the VCs have to find in the next few months places to throw that $25 billion. They waited this long in hopes that the economy would improve and that technical trends would become clear so they could do their typical lemming-like jump off the same investment cliff as all the other VCs. Well, we're at the edge of the cliff, so get ready for the most furious venture investing cycle in history.
===

Intéressant non ?
Attention, je ne suis pas en train d'écrire que nous allons droit vers une nouvelle bulle (Internet II, bulle II ?) parce que les VC américains DOIVENT investir absolument avant la deadline, c'est BOB qui le dit...

Sérieusement, l'Internet est forcément le plus large champ des possibles : ceux qui sont à inventer et ceux qui sont à améliorer.
C'est aussi pour cela, Pascal, que les dossiers que tu catalogue un peu vite comme des copycat (me too) peuvent aussi être des propositions d'améliorer les concepts qui ont émergé dernièrement et qui cherchent encore un peu leur voie...

L'histoire récente (10 ans) de l'Internet démontre que ce ne sont jamais les fameux "first movers" qui permettent de hisser aux sommets tel ou tel concept qu'ils ont effectivement contribué à populariser. Laissons de côté cette notion dépassée de "first mover" et concentrons-nous sur les "fast movers" autrement plus porteurs de sens.

Alain > je suis d'accord sur le fait de faire attention sur la notion de "me too" : Google est un "second mover"... Mais ils apportaient un vrai plus.

Merci pour l'article, il est dingue ":get ready for the most furious venture investing cycle in history."...

Regis > en ref à l'article d'Alain, tu en es ou dans tes management fees ? ;-).

Je partage votre optimisme...
Les projets de qualité et novateurs s'appuyant sur l'Internet 2 se développent.
Il est intéressant de noter que les porteurs de ces projets n'hésitent plus à consulter des experts dans les domaines qu'ils ne maitrisent pas forcément. C'est particulièrement vrai en matière juridique, ils n'hésitent plus à pousser la porte des cabinets d'avocats (création de leur société, CGU, CGV, contrats commerciaux, audit Internet...).

Olivier > cher Maitre, vous pouvez dire à vos clients que je les reçois avec plaisir !

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