Être passionné par son produit : atout ou danger ?

19/12/2004 dans Entreprendre | Commentaires (34)

Je parlais d’un entrepreneur hors pair à une relation dernièrement, j’expliquais comment son entreprise dépassait son business plan. Question de mon interlocuteur au sujet de l’entrepreneur : " Il doit être passionné par son produit pour faire si bien ? "
J’ai bizarrement hésité à répondre, j’ai réfléchi et puis je me suis rendu compte de quelque chose : je crois ne pas connaître d’entrepreneurs qui « cartonnent » passionnés par leur produit. Je vais plus loin : je pense même que si un entrepreneur est passionné par son produit, il y a danger (je remarque maintenant qu’il y a plein d’échecs dans des sujets où il y a facilement passion, comme l’aviation, la presse, le nautisme, la mode, le cinéma, et l’automobile). Inversement, j’ai plein d’exemple de success stories ou il ne peut y avoir raisonnablement de passion au sens du produit : la biotech, l’hygiène, la distribution, le traitement d’ordure ménagère et je passe des exemples…
Être passionné pour son produit est sûrement un atout pour la joie de l’entrepreneur, mais je ne suis pas certain que ce soit un critère de réussite.
Houlà, je suis un peu radical là…

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d83421377253ef00d8346e373d69e2

Listed below are links to weblogs that reference Être passionné par son produit : atout ou danger ?:

Commentaires

Peut-on traiter une passion de façon rationnelle ? Surement pas. Peut être est-ce une raison du non succes des gens passionnés par leur "produit" et du succes des gens occupant un business dont le produit est pas forcément "passionnant" ? (c'est un mega raccourci, mais je suis assez d'accord avec cette observation). Traiter le sujet avec rationnalité et distance, garder un simili de sang froid...c'est peut être un bon début !?

Steve Jobes est'il passionné ?
Certainement! et il cartonne ;)

Richard Branson est passioné par ses marques/produits et il cartonne ...

Je pense au contraire qu'être passionné, c'est croire en son produit.

Franchement si steve, richard et les autres me sortaient leur tableur excel à chaque présentation, moi j'achète pas d'iPod, de Virgin Mobile, ...

Mais toi Pascal t'es pas passionné, sinon tu ne bloggerait pas un dimanche soir ;)

Laurent
passionné pas ses produits :)

à moins qu'il y ait plus de compétition dans les domaines "passionnants"...

chez certains la passion est aveuglante, chez d'autres non. personnellement j'ai échoué quand j'ai manqué de passion, et c'était dans la presse.

Tiens, merci Laurent.
Jobs un passionné ? surement. Il n'a jamais laisser un autre faire des machines Mac OS. C'est quoi sa part de marché ?
PS ; je suis sur Mac...

La passion aide à passer les moments difficiles et aide à persévérer quand cela commence à se compliquer, un peu, beaucoup, "passionnément".
Pour autant, un peu de recul et pas mal de pragmatisme sont nécessaires pour que cette passion soit réellement source de plaisir.

Excusez moi pour ma position radicale : un CEO doit être amoureux de son Ebitda et de sa market cap, surtout pas de son produit qui n'est qu'un moyen.
En revanche, il doit être en fusion avec son CTO ou son patron de la R&D.
Je vais me faire assassiner là .........

Alain > je suis en phase avec toi je crois (Alain est un serial entrepreneur).

Paradoxalement je suis en phase avec Alain

Je trouve navrant de vendre quelque chose quant on aime pas son produit ou que l'on est pas un réel passioné technique du produit.
MAIS, empiriquement, je me rend compte (à titre d'entrepreneur débutant) que je gagnerais plein de marchés si j'arretais de me tirer "des balles dans le pieds" au nom de la qualité, de l'amour de mon métier.


Si un client veut un truc moyen et qu'on peut le produir autant lui vandre. Problème : je ne sais pas faire dans le "fast food informatique" car j'ai un réel amour pour m'informatique.

Jobs et compagnie.
Ils aiment leur produit et sont des CEO mais en ont les moyens. Je pense que Jobs doit se décharger de toutes les parties "non interessantes" de son boulot (compta, gestion...) et ne se concentrer que sur le produit (en tout cas c'est ce que je fera à sa place)

Dans une note sur le blog de Loïc j'avais dit que je ferais un très mauvais entrepreneur si j'avais des salariés car "cela m'obligerais à devenir un gestionnaire et a arreter l'informatique pour la déléguer à des ingénieurs. Hors la première chose que j'aurrais envie de faire le matin c'est de piquerle clavier de l'ingénieur pour faire du développement logiciel à sa place"

Bref (en tout cas pour les petites structures) entrepreneur et (trop) passionné ce n'est pas un bon mélange.

Retour au salariat ?

Si je comprends bien, la passion serait un vilain défaut! Pas faux au sens où la passion a tendance à évoquer l'abandon de la raison, mais de là, à la condamner et à prôner un autre amour, celui de l'EBITDA, je m'étouffe un peu...
Je relativiserai le propos en parlant d'enthousiasme. Un bon entrepreneur est d'abord un bon commercial et un commercial est bon, d'une manière basique, si il aime le produit qu'il vend ET si il sait combien ça lui rapporte. Donc, de l'enthousiasme pour le produit ET pour l'EBITDA; dans ce cas, je suis OK. CQFD. Démonstration empirique mais vérifiée!
Alain > la fusion est encore pire que la passion:=)

Bruno > Je pense que la passion est fantastique.

Mais pour une maman, si son enfant est mal élevé, cancre, sale etc., il reste le plus bel enfant du monde car il y a passion.

Et pour un entrepreneur passionné par son produit, il n'est pas facile de tout changer quand c'est nécessaire je crois.

Je pense que la passion doit rester au fond de soi. Passion du produit, de sa société, de ses employés .... finalement à chacun de choisir ses passions et ses moteurs.

On peut être passionné de son produit et être rigoureux.

J'aime bien cette définition du management :
- faire réver les gens
- maitriser le réel (alain sera d'accord?)
- savoir dire merci.

Maitriser le réel c'est la base du "capitaine". Parfois il faut se "faire chier" dans son boulot. Parfois il faut faire la danse du ventre à son banquier, ses fournisseurs mais franchement le métier d'entrepreneur est d'abord une question de passion.

Si le rêve n'est pas au départ et à l'arrivée, à quoi bon faire ce métier comme le disait laurent d.

PS : Steve ? il s'est pas trops mal débrouillé non ;)

Modestement je suis un "passionné" de mon CA et de ma marge, mais aussi de ma marque et de ses valeurs (donc de mon "produit"), car convaincu que dans mon métier bâtir une marque est le meilleur moyen de s'établir et donc d'assurer du CA additionnel par notre capacité à attirer des clients (et des candidats).
Du point de vue du chasseur, je fais le constat que les sociétés qui réussissent sont celles où on marie le mieux la passion avec le pragmatisme. Les équipes passionnées réussissent mieux (ex: Soamaî), mais les managers passionnés uniquement de leur techno handicapent généralement leur société (ex : K... -> Pascal tu dois voir à qui je pense).

Après le "K" vient un "e" ?
;-)

Jacques > un chasseur de tete est-il passioné par ses produits ;-) ?

Pascal : oui, pour faire se métier dans la durée il faut de la passion.

Ah... l'éternel "âme et argent" : équilibre difficile non ? Faut-il vendre son âme (sa passion, ses rêves) au diable pour réussir ?

Ca me rappelle un fil pas mal sur le blog de Mihai :
http://glowria.typepad.com/mihai/2004/09/de_lnergie_et_d.html

"mais les managers passionnés uniquement de leur techno handicapent généralement leur société "


Oui c'est pour cela que des personnes comme moi doivent rester dans des fonctions à majorité technique

En me levant ce matin, je viens de comprendre ce qui me génait dans la présentation de pascal (j'ai souvent de bonne idée en me levant;).

Une patron qui est passionné par ses produits :
- est un très bon vendeur
- développera une énergie hors pair pour faire vivre ses produits

Un patron passionné peut tout à fait être rigoureux et mener ses produits au succès.

En revanche je pense que les patrons passionnés sont difficiles à gérer à les Ventures Capitalistes.
Ils ne rentrent pas dans leurs shémas (ce qui peut être te faisait te méfier des CEO passionnés ?).

Le VC fait des deal. Il a besoin de revendre sa participation dans un délais inférieur à 4 ans (la durée d'un fond).
Le patron passionné n'a pas le même rythme. Il est prêt à ne pas gagner d'argent pendant une période car il croit en ses produits en sa vision.

C'est pour cela que les VC préfèrent les "serial entrepreneur" dont le mode de fonctionnement est d'élever une société et de la revendre, sans état d'âmes

Remarque ce n'est pas une critique car (il suffira de se reporter à mon dernier post) je pense que les VC et les serial entrepreneur sont nécessaires.

Simplement il ne faut pas tirer sur les passionnés qui sont malgré tout non seulement nécessaires mais majoritaires.

Le boulanger, le restaurateur fait son métier la plupart du temps par passion. Lui "l'Ebitda ou la market cap", les deals à 1 million d'euro il ne connait pas ;) et probablement qu'il ne s'en porte par plus mal.

Laurent > Tu touches au moins un point juste : un passionné risque de refuser de se séparer (de vendre) son affaire.


Je crois que le produit/service/techno doit seulement être le moyen d'arriver à une seule passion : celle de voir ses clients signer un joli bon de commande. ;o))

Tiens, çà va être la devise de Janvier : "Pas de clients ? pas de quoi être passionné !"

En fait, il faut sans doute quand même une dose de passion, un moteur, si bien entendu cette passion est raisonnée au sein d'une bonne équipe de cartésiens...

Après tout, ce qui fait le plus avancer les choses, ce n'est pas tant les gens qui applaudissent lorsqu'ils voient un produit mais plutôt ceux qui le boudent. Sinon on reste un inventeur, pas un entrepreneur...

Oui, j'achete : la passion de voir de truc marché.

La passion est indispensable, mais elle doit aller au delà du simple produit, non ? Comme dit Seth Godin dans la Bootstrapper's Bible, se passionner pour un business model, pas une idée géniale (de produit)... De plus, ceux qui doivent porter encore plus la passion pour une boîte ce sont surtout ses clients, non ?

A propos de passion et d'entreprise, même non lucrative, on lira l'histoire hallucinante de ces deux ingénieurs en fin de contrat chez Apple, qui sont retournés tous les jours au boulot en contournant la sécurité lorsque leurs badges ont été désactivés, pour finir leur travail, même sans être payés :
http://standblog.org/blog/2004/12/23/93113894-le-travail-en-perruque-chez-apple

Pzycho > merci, génial !

A propos de business-plan, je cherche un logiciel de business-plan qui fonctionne sur mac. Si quelqu'un peut me renseigner, c'est sympa.
Bonne année.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.

Ma Photo

juillet 2014

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31